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IL EST PLUS FACILE D'AVOIR DU VENTRE QUE DU COEUR
Le ventre : le bidon, le bide, le beuche, la brioche, la bedaine, la panse donc le ventre.
Le ventre de Paris par exemple chez Zola, c'est là où ça grouillait, ça travaillait, ça circulait, ça transformait, ça gueulait... les Halles et son transit d'hommes, de matières... la vie.
Le ventre c'est l'usine, les matières premières sont transformées en énergie et en déchets,
Ça transforme, ça gargouille, ça explose, ça pète, ça vit...
Le ventre, c'est aussi le porteur de vie, la maternité, le réceptacle protecteur, la matrice...
Mais aussi pense-t-on avec le Ventre ? Kafka dit dans Rapport pour une académie (un de nos spectacles) : «les singes pensent avec le ventre»,oui, nous aussi en fait.
N'est-il pas le signal de nos inquiétudes, nos pulsions encore inconscientes, ne dit-on pas «avoir la peur au ventre, avoir des tripes, se mettre la rate au court bouillon, se faire de la bile, se regarder le nombril, se donner du coeur au ventre...».
Cyril Casmèze, acrobate et acteur zoomorphe a un rapport à la fois de plaisir et de lutte avec son ventre depuis plus de trente ans, voire depuis l'enfance.(petite anecdote : Cyril a cru lors d'une crise d'aérophagie qui durait , être enceint à 10 ans, même après explication scientifique de ses parents...). C'est son centre de gravité, tel les Sumo, sa fierté : la force de ses abdominaux, son inquiétude : son foie gras, et il est partagé entre adorer sa rondeur et la peur de la maladie.
Alors, il joue avec son ventre comme d'autres avec les mots...
Il saute sur le ventre, il rit avec le ventre, il devient femme, enfant, il le cajole, le maltraite.
C'est un ours, un ogre, il peut être lourd et léger comme une bulle.
C'est un acrobate de près d'un quintal, résumé sur 1m65...
Jade Duviquet.
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