EVENE
C.Q.P.V.D ou ce que parler veut dire
Théâtre - Contemporain
Lieu : Théâtre à Châtillon
Dates : du 18 Novembre 2008 au 29 Novembre 2008
Mise en scène de Jade Duviquet
La critique evene
par Marine Polselli

Trois voix, trois corps, trois attitudes. 'Ce que parler veut dire' exploite toutes les ressources de l'expression pour explorer différents rapports au monde. Déversement compulsif de mots, retour intellectuel et distancié sur soi, ou refus délibéré du langage : les trois monologues résonnent dans l'espace de la scène pour finalement se heurter à ses parois. Point de retour, point d'échange possibles, comme si la voix n'était somme toute rien d'autre que le balbutiement de l'âme. Admirablement incarné par un trio d'acteurs bluffant, le très beau texte d'Edouard Levé acquiert dans l'adaptation de Jade Duviquet sa pleine dimension : flot de paroles vaines, aphorismes ou simples sons s'emparent peu à peu de l'espace et des corps. La matière sonore, amplifiée, sublimée, se mue en objet poétique que la mise en scène se charge de faire résonner. Le dispositif brille par sa simplicité : trois spots, trois sièges et un assemblage inattendu de tubes de métal et de fils électriques constituent l'ensemble du décor. La sobriété de l'ensemble, loin de dénaturer la saveur du texte, vient porter les vibrations de la langue, ainsi que celles, artificielles et métalliques, de la fameuse "machine à produire des sons". Une surprenante poésie émane de cet amalgame de trivialité, d'abstraction et d'artifice. L'être humain s'y révèle, authentique, bégayant, à mi-chemin du grotesque et du sublime.





Le Progrès

Avec «C.Q.P.V.D. ou ce que parler veut dire», la Compagnie du Singe Debout propose un théâtre subtil et drôle. (auteur : Extraits d' «Autoportrait» d'Edouard Levé et textes de Cyril Casmèze et Jade Duviquet, également metteure en scène de la pièce : Jade Duviquet). Sur scène, Cyril Casmèze joue les primates avec un réalisme hallucinant autant que désopilant. Il se confronte à Geofrey Carey qui, «so british», entretient avec le langage un rapport plus insolite, introspectif et poétique. Tandis que Jean-Marc Istria se contente de sons bizarres, qui rythment le temps et renvoient chacun à sa solitude ou à son délire hypocondre. C?est absolument original et saisissant.
Nicolas Blondeau - Le Progrès


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